Vous vous lancez en freelance — ou vous exercez déjà — et une question revient sans cesse : combien facturer par jour ? Fixer un TJM trop bas, c'est travailler à perte. Le gonfler sans méthode, c'est perdre des missions. Dans les deux cas, vous y laissez de l'argent.

Ce guide vous donne la formule exacte pour calculer votre TJM freelance, des exemples chiffrés selon votre statut juridique et les grilles tarifaires actualisées par secteur. À la fin de cet article, vous saurez précisément combien facturer pour vivre confortablement de votre activité.


Qu'est-ce que le TJM (Taux Journalier Moyen) ?

Définition simple du TJM

Le TJM — Taux Journalier Moyen — correspond au montant hors taxes que vous facturez à un client pour une journée de travail. C'est l'unité de mesure standard du freelancing en France, utilisée aussi bien par les plateformes de missions que par les ESN, les startups et les grands groupes.

Concrètement, si vous facturez 450 € HT par jour et que votre mission dure 20 jours, votre chiffre d'affaires sur cette mission sera de 9 000 € HT.

Le TJM ne représente pas votre salaire net. Il inclut vos charges sociales, vos impôts, vos frais professionnels et votre marge. C'est justement pour cela qu'il faut le calculer avec méthode, et non le fixer au doigt mouillé.

TJM vs taux horaire : quelle différence ?

Le taux horaire (THM) découpe la facturation à l'heure, tandis que le TJM raisonne à la journée — généralement sur une base de 7 à 8 heures. En pratique, la majorité des missions freelance en France se négocient en TJM, pas en taux horaire.

La raison est simple : le TJM simplifie la négociation. Un client sait immédiatement combien lui coûte une journée de prestation. De votre côté, vous évitez de comptabiliser chaque heure, ce qui serait peu adapté à des missions de conseil, de développement ou de direction de projet.

Quand utiliser le taux horaire ? Principalement pour des interventions ponctuelles et courtes (formations de quelques heures, dépannages techniques, consultations). Pour tout le reste, le TJM reste la norme.


La formule pour calculer son TJM freelance

Les 4 variables à connaître

La formule de base du TJM repose sur quatre éléments que vous devez estimer avant tout calcul :

TJM = (Revenu net annuel souhaité + Charges annuelles + Frais professionnels) ÷ Nombre de jours facturables par an

Détaillons chaque variable :

1. Revenu net annuel souhaité : le montant que vous voulez réellement toucher sur votre compte en banque, après toutes les déductions. C'est votre "salaire" de freelance.

2. Charges sociales et fiscales : cotisations URSSAF, impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés, CFE, mutuelle obligatoire… Elles varient fortement selon votre statut juridique.

3. Frais professionnels : logiciels, matériel, coworking, déplacements, comptable, assurance RC Pro, formation continue, téléphone, internet pro…

4. Nombre de jours facturables : c'est le nombre de jours où vous travaillez réellement pour un client payant. Attention, ce n'est PAS 365 jours, ni même 218.

Exemple de calcul pas à pas (avec chiffres)

Prenons le cas de Léa, développeuse web freelance en SASU, qui souhaite toucher l'équivalent de 3 000 € net par mois.

Étape 1 — Revenu net annuel cible
3 000 € × 12 = 36 000 € net/an

Étape 2 — Estimation des charges annuelles
En SASU, entre cotisations sociales sur la rémunération (~65 % du net versé) et impôt sur les sociétés sur les bénéfices, Léa estime ses charges totales à environ 28 000 €/an.

Étape 3 — Frais professionnels
Comptable (2 400 €), logiciels et hébergement (1 800 €), matériel amorti (1 200 €), coworking (2 400 €), assurance et mutuelle (1 200 €) = 9 000 €/an

Étape 4 — Jours facturables
Léa table sur 210 jours travaillés. Elle estime un taux d'occupation de 80 % (temps commercial, admin, formation), soit 168 jours facturables.

Calcul final
TJM = (36 000 + 28 000 + 9 000) ÷ 168 = 73 000 ÷ 168 = 434 € HT/jour

Léa doit donc facturer au minimum 435 € HT/jour pour atteindre son objectif de 3 000 € net mensuel. En dessous, elle se paie moins que prévu. Au-dessus, elle se constitue une trésorerie ou augmente sa rémunération.


Estimer son nombre de jours facturables

Le piège des 218 jours travaillés

Sur le papier, un salarié en France travaille environ 218 jours par an (365 jours – 104 week-ends – 25 congés payés – 8 jours fériés). Beaucoup de freelances partent de ce chiffre pour calculer leur TJM. C'est une erreur classique.

En freelance, vous n'êtes pas payé 100 % du temps. Votre temps se répartit entre trois catégories :

Jours facturés : le travail effectif pour un client payant.
Jours travaillés non facturés : prospection commerciale, réponses à appels d'offres, comptabilité, admin, formation, veille, communication.
Jours non travaillés : congés, jours fériés, maladie.

Ignorer les jours travaillés non facturés, c'est surestimer votre capacité de facturation — et donc sous-évaluer votre TJM.

Taux d'occupation réaliste selon votre situation

Le taux d'occupation correspond au pourcentage de vos jours travaillés qui sont effectivement facturés à un client. Voici des repères réalistes :

Freelance débutant (année 1-2) : 60-70 %, soit 130-150 jours facturables/an.
Freelance confirmé (3-5 ans) : 75-85 %, soit 165-185 jours facturables/an.
Freelance expert / niche : 80-90 %, soit 175-196 jours facturables/an.
Freelance en portage salarial : 75-85 %, soit 165-185 jours facturables/an.

Conseil : pour votre première estimation, partez sur 160-170 jours facturables. Vous ajusterez à la hausse après votre première année d'exercice si votre carnet de commandes le permet.

📩 Chaque vendredi, des stratégies concrètes pour freelances

Rejoins 8 000+ freelances qui reçoivent des méthodes actionnables pour scaler leur CA. Gratuit, sans bullshit.

S'abonner gratuitement →

Quelles charges intégrer dans votre TJM ?

Charges sociales et fiscales

Les charges varient considérablement selon votre statut juridique. Voici un aperçu simplifié :

Micro-entreprise : cotisations URSSAF de 21,1 % à 23,1 % du CA (selon activité BNC ou BIC), plus le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (2,2 %) si vous y êtes éligible. Pas de TVA sous le seuil de franchise (36 800 € pour les prestations de services).

SASU : environ 55 à 65 % de charges patronales et salariales sur la rémunération versée, plus l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà).

EURL à l'IS : charges sociales TNS d'environ 40 à 45 % de la rémunération nette, plus IS sur les bénéfices.

Portage salarial : charges sociales salariales et patronales (~50 % du brut) + frais de gestion de la société de portage (5 à 10 % du CA HT).

Frais professionnels courants

Voici les postes de dépenses les plus fréquents chez les freelances, à intégrer dans votre calcul :

Comptable ou expert-comptable : 100 à 300 €/mois. Logiciels et abonnements SaaS : 50 à 200 €/mois. Matériel informatique (amorti sur 3 ans) : 50 à 150 €/mois. Espace de travail (coworking ou bureau) : 0 à 400 €/mois. Assurance responsabilité civile professionnelle : 15 à 50 €/mois. Mutuelle et prévoyance : 50 à 150 €/mois. Téléphone et internet pro : 30 à 60 €/mois. Déplacements professionnels : variable. Formation continue : 500 à 2 000 €/an.

Les coûts cachés que les freelances oublient

Certaines dépenses n'apparaissent pas tous les mois mais plombent votre rentabilité si elles ne sont pas anticipées :

La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : même les micro-entrepreneurs y sont soumis à partir de la 2e année. Comptez entre 200 € et 2 000 € selon votre commune.

Les inter-contrats : entre deux missions, vous ne facturez pas mais vos charges fixes courent toujours. Provisionner l'équivalent de 2 à 3 mois de trésorerie est un minimum.

La formation : le marché évolue. Si vous ne vous formez pas, vos compétences se déprécient et votre TJM aussi. Intégrez un budget formation dans votre calcul, même modeste.

Les vacances non rémunérées : en freelance, pas de congés payés. Chaque semaine de repos, c'est 5 jours de facturation en moins. Si vous prenez 5 semaines de congés par an, ce sont 25 jours à absorber dans votre TJM.


Calcul du TJM selon votre statut juridique

Le même TJM facturé ne génère pas le même revenu net d'un statut à l'autre. C'est l'une des variables les plus sous-estimées par les freelances.

TJM en micro-entreprise (auto-entrepreneur)

La micro-entreprise offre une simplicité administrative maximale. Les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires, sans distinction entre charges et rémunération.

Avantage TJM : le taux de charges est relativement faible (21,1 % à 23,1 % + éventuellement 2,2 % de versement libératoire).

Limite : le plafond de CA à 77 700 € pour les prestations de services. Au-delà, vous basculez automatiquement vers un autre régime. Concrètement, avec un TJM de 500 € et 155 jours facturés, vous atteignez déjà 77 500 € — vous êtes à la limite.

Autre point : pas de déduction de frais réels. Si vous avez des charges professionnelles élevées (matériel, sous-traitance, déplacements), la micro-entreprise peut devenir moins avantageuse qu'une société.

TJM en SASU ou EURL

En société, vous choisissez comment vous rémunérer : salaire, dividendes, ou un mix des deux. Cela vous donne un levier d'optimisation que la micro-entreprise n'offre pas.

SASU : charges sociales élevées sur le salaire (~65 %), mais dividendes soumis uniquement à la flat tax (30 %). Stratégie courante : se verser un salaire modéré + compléter en dividendes.

EURL à l'IS : charges sociales TNS plus faibles (~40-45 %), mais les dividendes au-delà de 10 % du capital sont soumis aux cotisations sociales.

Le choix entre SASU et EURL dépend de votre niveau de CA, de votre stratégie de rémunération et de votre besoin en protection sociale (la SASU offre une meilleure couverture chômage et retraite).

TJM en portage salarial

Le portage salarial vous permet de facturer comme un freelance tout en conservant le statut de salarié. Vous bénéficiez de la couverture sociale complète (chômage, retraite, mutuelle) mais les charges sont les plus élevées de tous les statuts.

Entre les cotisations sociales (~50 % du brut) et les frais de gestion de la société de portage (5 à 10 %), comptez environ 45 à 55 % de charges sur votre CA HT avant de toucher votre net.

Le portage est pertinent quand : vous démarrez et voulez sécuriser votre transition, vous avez des TJM élevés (> 500 €) qui absorbent les charges, ou vous valorisez la protection sociale salarié.

Tableau comparatif : revenu net pour un même TJM de 500 €/jour

Voici une simulation sur la base de 170 jours facturés par an, soit un CA annuel de 85 000 € HT. Les chiffres sont des estimations moyennes pour illustrer les écarts entre statuts.

Micro-entreprise EURL (IS) SASU Portage salarial
CA annuel HT 77 700 € (plafonné) 85 000 € 85 000 € 85 000 €
Charges sociales ~17 900 € (23,1 %) ~18 000 € (TNS) ~22 000 € (salaire) ~28 000 €
Frais de gestion 0 € ~3 600 € (comptable) ~3 600 € (comptable) ~6 000 € (8 % + comptable)
IS / IR ~5 400 € ~6 000 € ~5 500 € Intégré
Frais pro déduits Non déductibles ~8 000 € ~8 000 € ~5 000 € (remboursés)
Revenu net estimé ~3 700 €/mois ~3 400-3 800 €/mois ~3 100-3 500 €/mois ~2 800-3 200 €/mois

⚠️ Ces chiffres sont des estimations indicatives. Le revenu net réel dépend de votre situation personnelle (taux d'imposition, optimisation dividendes/salaire, frais réels, commune de domiciliation…). Pour un calcul précis, consultez un expert-comptable.

Ce qu'on retient : à TJM identique, la micro-entreprise offre le meilleur net — tant que vous restez sous le plafond et que vos frais réels sont faibles. Dès que votre CA dépasse 77 700 € ou que vos charges professionnelles sont significatives, la société devient plus avantageuse.

🚀 Tu veux optimiser ta rentabilité freelance ?

Chaque vendredi, Produscale décrypte les stratégies qui fonctionnent vraiment pour les freelances. Gratuit, sans spam.

Rejoindre la newsletter →

TJM moyen par secteur et niveau d'expérience

Grilles tarifaires par métier (tech, marketing, design, conseil)

Les TJM varient fortement selon votre domaine d'expertise. Voici les fourchettes moyennes constatées en France en 2026 :

Métier TJM Junior (0-2 ans) TJM Confirmé (3-5 ans) TJM Senior/Expert (6+ ans)
Développeur web (front/back) 300-400 € 400-550 € 550-800 €
Développeur mobile 350-450 € 450-600 € 600-850 €
Data scientist / Data engineer 400-500 € 500-700 € 700-1 000 €
DevOps / Cloud 400-500 € 500-700 € 700-950 €
UX/UI Designer 300-400 € 400-550 € 550-750 €
Chef de projet / Product Manager 350-450 € 450-600 € 600-900 €
Consultant SEO / SEA 300-400 € 400-600 € 600-850 €
Rédacteur web / Content manager 250-350 € 350-500 € 500-650 €
Consultant stratégie / management 400-550 € 550-800 € 800-1 500 €
Graphiste / Directeur artistique 250-350 € 350-500 € 500-750 €

Ces fourchettes s'entendent en HT et correspondent à des missions en régie (facturation au jour). Les missions au forfait peuvent donner un TJM effectif supérieur si le projet est livré plus vite que prévu.

Junior, confirmé, senior : comment ajuster son TJM

Votre expérience n'est pas le seul facteur. Quatre critères font réellement varier votre TJM :

1. La rareté de votre compétence. Un développeur Rust ou un expert cybersécurité peut demander un TJM 30 à 50 % supérieur à un profil généraliste, même avec moins d'années d'expérience.

2. Le secteur client. Facturer un grand groupe bancaire ou un cabinet de conseil n'a rien à voir avec travailler pour une PME régionale. Les budgets ne sont pas les mêmes, les TJM acceptés non plus.

3. Votre positionnement. Un freelance qui se présente comme "développeur full-stack" sera en concurrence avec des milliers de profils. Celui qui se positionne comme "expert migration legacy vers cloud AWS pour le secteur santé" peut justifier un TJM premium.

4. La localisation. Les TJM pratiqués en Île-de-France sont en moyenne 15 à 25 % supérieurs à ceux des autres régions. Le télétravail a réduit cet écart, mais il persiste, notamment pour les missions nécessitant une présence sur site.


Convertir un salaire CDI en TJM freelance

C'est la question que se posent la majorité des salariés qui envisagent le freelancing : "Je gagne X € en CDI, quel TJM dois-je viser pour maintenir mon niveau de vie ?"

Pourquoi multiplier son salaire par 2 ne suffit pas

Vous avez peut-être lu qu'il suffisait de "multiplier son salaire brut mensuel par 2" pour obtenir un TJM. Cette règle empirique a un problème : elle ne tient compte ni de votre taux d'occupation, ni de vos frais professionnels réels, ni des spécificités de votre statut juridique.

En CDI, votre employeur prend en charge les cotisations patronales (~42 % de votre brut), vos congés payés, votre mutuelle, votre matériel, vos logiciels, et souvent votre formation. En freelance, tout cela sort de votre poche — ou plutôt de votre TJM.

Méthode fiable pour passer du brut annuel au TJM

Voici une approche plus précise en 3 étapes :

Étape 1 : Calculer le coût total employeur de votre poste CDI
Prenez votre salaire brut annuel et multipliez-le par 1,45 pour intégrer les charges patronales.
→ Exemple : 45 000 € brut annuel × 1,45 = 65 250 € de coût employeur

Étape 2 : Ajouter une marge freelance (15-25 %)
En freelance, vous assumez le risque commercial (pas de salaire garanti entre deux missions), vous n'avez pas de congés payés financés et vous devez constituer une trésorerie de sécurité. Cette marge compense ces risques.
→ 65 250 € × 1,20 = 78 300 €

Étape 3 : Diviser par le nombre de jours facturables
→ 78 300 € ÷ 170 jours = 460 € HT/jour

Résultat : pour un salaire CDI de 45 000 € brut annuel (~2 900 € net/mois), vous devez viser un TJM d'environ 450-480 € HT pour maintenir un niveau de vie équivalent.

Tableau de conversion rapide :

35 000 € brut/an (~2 250 € net/mois) → TJM cible : 350-380 €
45 000 € brut/an (~2 900 € net/mois) → TJM cible : 450-480 €
55 000 € brut/an (~3 500 € net/mois) → TJM cible : 530-570 €
65 000 € brut/an (~4 100 € net/mois) → TJM cible : 620-660 €
80 000 € brut/an (~5 000 € net/mois) → TJM cible : 750-800 €


5 erreurs qui plombent votre TJM

Sous-estimer ses charges réelles

L'erreur la plus fréquente, surtout en première année. Vous calculez votre TJM en oubliant la CFE, la prévoyance, la RC Pro, ou en sous-estimant vos cotisations sociales. Résultat : en fin d'année, votre revenu net réel est 15 à 20 % inférieur à ce que vous aviez prévu.

La solution : listez exhaustivement toutes vos charges, même les petites, et ajoutez une marge de sécurité de 10 %.

Oublier les jours non facturés (prospection, admin, congés)

Facturer 218 jours par an suppose que vous travaillez pour un client chaque jour ouvré de l'année, sans jamais prospecter, gérer votre comptabilité, vous former ou prendre de vacances. Ce n'est pas réaliste.

Un freelance qui base son TJM sur 218 jours mais n'en facture réellement que 160 perd 27 % de revenus par rapport à ses prévisions.

Se caler uniquement sur les prix du marché

Connaître les TJM moyens de votre secteur est utile pour se situer, mais votre TJM doit d'abord couvrir VOS charges et VOS objectifs de rémunération. Si le marché moyen est à 400 € mais que vos charges nécessitent un TJM de 450 €, c'est 450 € que vous devez facturer — quitte à mieux valoriser votre offre pour justifier l'écart.

Ne jamais réévaluer son TJM

L'inflation, l'évolution de vos compétences, la hausse de vos charges : autant de raisons de revoir votre TJM régulièrement. Un freelance qui facture le même tarif depuis 3 ans s'appauvrit mécaniquement.

Bonne pratique : réévaluez votre TJM tous les 6 à 12 mois, en refaisant le calcul complet avec vos charges réelles de l'année écoulée.

Appliquer le même tarif à toutes les missions

Toutes les missions ne se valent pas. Un contrat longue durée (6 mois+) justifie un TJM légèrement inférieur car il sécurise votre revenu et réduit votre temps de prospection. À l'inverse, une mission urgente de 5 jours, un week-end, ou une expertise pointue mérite un TJM majoré.

Adapter votre TJM selon le contexte n'est pas "brader" : c'est optimiser votre rentabilité globale.


Comment négocier son TJM avec un client

Préparer ses arguments de valeur

Un client ne paie pas un nombre de jours. Il paie un résultat. Quand vous négociez votre TJM, ne défendez pas un chiffre — défendez la valeur que vous apportez.

Les arguments qui fonctionnent le mieux en négociation :

Des résultats chiffrés passés : "Sur ma dernière mission, j'ai réduit le temps de chargement du site de 4,2s à 1,1s, ce qui a augmenté le taux de conversion de 18 %."

Votre spécialisation : plus vous êtes niché, moins le client a d'alternatives, et plus votre pouvoir de négociation est fort.

La réduction de risque : un freelance expérimenté coûte plus cher à la journée mais délivre plus vite, avec moins d'erreurs. Le coût total du projet est souvent inférieur à celui d'un profil junior moins cher en TJM.

Adapter son tarif sans brader (durée, récurrence, conditions)

Il existe des leviers pour trouver un accord sans baisser votre TJM de base :

La durée de la mission. Un engagement sur 6 mois ou plus réduit votre risque commercial. Vous pouvez accorder une remise de 5 à 10 % sur votre TJM standard, tout en gagnant plus au global grâce à la stabilité.

La récurrence. Un client qui vous rappelle chaque trimestre mérite un tarif préférentiel. C'est du temps de prospection en moins.

Les conditions de la mission. Travail sur site obligatoire à 2h de chez vous ? Horaires décalés ? Technologies obsolètes ? Ce sont des contraintes qui justifient un TJM majoré. À l'inverse, une mission 100 % remote sur des technos que vous adorez peut justifier une flexibilité.

Le périmètre. Plutôt que de baisser votre TJM, proposez de réduire le périmètre. "À ce budget, je peux livrer les fonctionnalités A et B. La fonctionnalité C nécessiterait 3 jours supplémentaires."

💡 Les stratégies qui fonctionnent vraiment en freelance

8 000+ freelances lisent Produscale chaque vendredi. Zéro spam. Désabonnement en 1 clic.

Je rejoins la newsletter →

FAQ — Calcul du TJM freelance

Quel salaire net avec un TJM de 400 €, 500 € ou 600 € ?

En partant sur 170 jours facturés par an et un statut en micro-entreprise (charges ~23 %) :

TJM 400 € : CA annuel 68 000 €, charges sociales ~15 700 €, revenu avant IR ~52 300 €, net mensuel estimé ~3 600-3 900 €.
TJM 500 € : CA annuel plafonné à 77 700 €, charges sociales ~17 900 €, revenu avant IR ~59 800 €, net mensuel estimé ~4 100-4 500 €.
TJM 600 € : plafond micro-entreprise dépassé, passage en société nécessaire.

En SASU avec optimisation salaire/dividendes, un TJM de 500 € sur 170 jours (85 000 € de CA) génère un revenu net mensuel d'environ 3 200 à 3 600 € selon votre stratégie fiscale.

En portage salarial, comptez environ 2 800 à 3 200 € net/mois pour un TJM de 500 €, en raison des charges et frais de gestion plus élevés.

Dois-je afficher mon TJM sur mon profil freelance ?

Il n'y a pas de réponse universelle, mais voici les éléments à considérer :

Afficher son TJM fonctionne bien si vous êtes dans une fourchette cohérente avec le marché et que vous voulez filtrer les demandes non qualifiées. Cela fait gagner du temps à tout le monde.

Ne pas l'afficher est préférable si votre TJM est significativement au-dessus du marché (pour ne pas décourager avant la discussion) ou si vous adaptez fortement vos tarifs selon les missions.

Sur les plateformes comme Malt ou Crème de la Crème, indiquer une fourchette est souvent un bon compromis.

À quelle fréquence réévaluer son TJM ?

Au minimum une fois par an, idéalement tous les 6 mois. Voici les signaux qui indiquent qu'une réévaluation s'impose :

Vous refusez des missions par manque de temps → votre TJM est probablement trop bas. Vos charges réelles dépassent vos prévisions. Vous avez acquis de nouvelles compétences ou certifications. Le marché a évolué (pénurie de profils dans votre domaine, inflation). Vous n'avez pas augmenté depuis plus de 18 mois.

En règle générale, un freelance performant augmente son TJM de 5 à 15 % par an les premières années, puis de 3 à 5 % par an en rythme de croisière.


Dernière mise à jour : avril 2026. Les taux de cotisation et plafonds mentionnés sont ceux en vigueur au moment de la publication. Consultez un expert-comptable pour un calcul adapté à votre situation personnelle.