Un devis freelance mal rédigé, c'est une mission perdue avant même d'avoir commencé. Ce document n'est pas une simple formalité administrative : c'est votre première démonstration de professionnalisme, votre outil de négociation et, une fois signé, un contrat à part entière.
Dans ce guide, vous trouverez les mentions obligatoires à jour pour 2026, un modèle commenté ligne par ligne, les fourchettes de TJM par métier, les 4 types de devis et leur usage, ainsi que les erreurs qui font systématiquement perdre un contrat. À la fin, vous saurez rédiger un devis clair, juridiquement solide et conçu pour déclencher la signature.
Le devis freelance est un document commercial écrit par lequel vous proposez à un client une prestation détaillée : périmètre, livrables, délais, tarifs et conditions. Il sert à trois choses : cadrer précisément la mission, formaliser une offre chiffrée et servir de base de négociation avant la signature.
Un devis bien construit élimine 80 % des malentendus qui surgissent ensuite en cours de mission (demandes hors scope, délais flous, facturation contestée).
Tant qu'il n'est pas signé, le devis est une simple offre. Une fois daté, signé et accompagné de la mention « bon pour accord » par le client, il prend la valeur juridique d'un contrat : il engage les deux parties sur le périmètre, le prix et les délais.
Conséquence directe : tout ce qui n'est pas écrit dans le devis signé n'est pas dû. C'est votre meilleure protection contre les demandes abusives et votre meilleur levier pour être payé en cas de litige.
Le devis cadre. La facture encaisse. Les deux sont complémentaires, jamais interchangeables.
Le devis est légalement obligatoire dans plusieurs situations :
✅ Prestations de services à un particulier supérieures à 1 500 € TTC
✅ Travaux de bâtiment et de dépannage, quel que soit le montant
✅ Services à la personne soumis à agrément
✅ Dès que le client le demande explicitement par écrit
Pour toutes les autres prestations, le devis n'est pas obligatoire au sens strict. Mais s'en passer revient à travailler sans filet.
Même quand la loi ne l'impose pas, vous avez tout intérêt à établir un devis :
✅ Toute mission de plus de quelques heures
✅ Toute prestation avec un livrable identifiable (site, logo, audit, campagne)
✅ Tout nouveau client que vous ne connaissez pas
✅ Toute mission pouvant évoluer en cours de route
Le devis protège votre rémunération et votre temps. Dans les faits, un freelance sérieux travaille systématiquement sur devis.
Le devis est gratuit par principe. Vous pouvez toutefois le facturer si son élaboration engage des coûts réels pour vous : déplacement, audit préalable, étude technique approfondie. Dans ce cas, vous devez impérativement informer le client du prix avant de commencer, et le mentionner par écrit. Sinon, le devis est réputé gratuit.
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S'abonner gratuitement →Un devis freelance doit contenir un socle de mentions légales sans lesquelles il perd sa valeur. Les voici, regroupées par bloc.
✅ Nom commercial ou prénom/nom du freelance
✅ Adresse complète
✅ Numéro SIREN ou SIRET
✅ Code APE
✅ Adresse mail et téléphone
✅ Mêmes informations côté client (y compris raison sociale et SIRET si B2B)
Selon votre forme juridique, certaines mentions changent :
Micro-entreprise : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » (si vous êtes en franchise en base).
EI / EURL / SASU : capital social (pour les sociétés), RCS de la ville d'immatriculation.
Profession réglementée : assurance responsabilité civile professionnelle (nom, coordonnées de l'assureur, zone de couverture).
Artisan : numéro d'inscription au Répertoire des Métiers.
C'est le cœur du devis. Pour chaque ligne, indiquez :
✅ La désignation claire de la prestation
✅ La quantité (jours, heures, forfait, unités)
✅ Le prix unitaire HT
✅ Le total par ligne
✅ Le total général HT, la TVA applicable, et le total TTC
Soyez spécifique. « Création site web — 3 500 € » ne suffit pas. « Création site vitrine 5 pages sous WordPress, thème sur mesure, optimisation SEO de base, 1 aller-retour de révisions inclus — 3 500 € HT » est infiniment plus solide.
Deux cas de figure :
Vous êtes en franchise en base de TVA (cas classique de la micro-entreprise sous les seuils) : affichez vos prix en HT = TTC et ajoutez la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Vous êtes assujetti à la TVA : indiquez votre numéro de TVA intracommunautaire, le taux applicable (20 % en général), le montant de TVA et le total TTC.
Mentions légales obligatoires en B2B :
✅ Délai de paiement (30 jours par défaut, 60 jours maximum)
✅ Taux des pénalités de retard (ne peut être inférieur à 3 fois le taux d'intérêt légal)
✅ Indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € en cas de retard
✅ Modalités d'acompte si applicable (30 % à la signature est un standard)
Durée de validité : un devis sans durée de validité est théoriquement valable éternellement. Indiquez 30, 60 ou 90 jours selon votre activité.
Espace de signature avec la mention manuscrite « Bon pour accord », la date et la signature du client.
Sans signature et sans « bon pour accord », le devis n'engage personne.
Tous les devis ne se valent pas. Choisir le bon format selon la mission, c'est protéger votre rentabilité.
Principe : un prix fixe pour un périmètre défini. Le freelance assume le risque de dépassement.
Idéal pour : missions au périmètre clair, livrable identifié (site vitrine, logo, audit, rapport).
Attention : si le scope n'est pas parfaitement cadré, vous travaillez à perte. Prévoyez une clause « travaux supplémentaires » facturés au TJM.
Principe : un tarif journalier (ou horaire) multiplié par un nombre estimé de jours.
Idéal pour : missions longues, développement produit, conseil, consulting.
Attention : le client peut tiquer sur un « estimé ». Donnez une fourchette haute réaliste et prévoyez un point d'étape budgétaire.
Principe : le client achète du temps (au jour, à la semaine, au mois). Pas de livrable garanti, pas d'estimation finale — vous facturez le temps réellement passé.
Idéal pour : missions longues en équipe, accompagnement stratégique, besoins évolutifs (produit, data, marketing growth).
Attention : le client peut demander de la visibilité. Proposez un reporting hebdomadaire pour rassurer.
Principe : une estimation chiffrée qui peut évoluer en fonction des quantités réelles. Le prix définitif n'est connu qu'à la fin.
Idéal pour : missions à volumétrie incertaine (traduction au mot, retouche photo à l'image, saisie de données).
Attention : précisez la méthode de calcul et une fourchette basse-haute pour que le client ait de la visibilité.
Règle simple : plus le périmètre est flou, moins vous devez vous engager sur un forfait.
Avant de chiffrer quoi que ce soit, passez 30 à 60 minutes avec le client. Posez les bonnes questions : objectifs business, livrables attendus, deadline, parties prenantes, contraintes techniques, budget indicatif. Un devis envoyé sans cadrage est un devis qui se perdra dans les révisions.
Découpez la mission en tâches concrètes, estimez chacune en heures ou jours, puis ajoutez une marge de 20 à 30 % pour les imprévus, les allers-retours et le temps de coordination. Les freelances expérimentés sous-estiment rarement leur savoir-faire — ils sous-estiment le temps de gestion.
Votre TJM est votre boussole. Multipliez-le par le nombre de jours estimés. Pour un forfait, partez du temps × TJM, puis ajustez selon la valeur apportée au client, pas seulement le temps passé.
Une ligne « livrables inclus » et une ligne « hors périmètre » sont non négociables. Exemple :
Inclus : design, intégration, 2 allers-retours de révisions, livraison des fichiers sources.
Hors périmètre : hébergement, achat des polices, maintenance, formation client.
C'est ce qui protège votre marge quand le client revient avec « juste une petite modif ».
Vos CGV cadrent les points sensibles : propriété intellectuelle, cession des droits, modalités de paiement, rupture de mission, non-sollicitation. Un freelance sérieux a ses CGV rédigées une fois pour toutes, en annexe de chaque devis.
Un devis lisible et personnalisé est signé 3 à 4 fois plus vite qu'un PDF générique. Intégrez votre logo, un court paragraphe de contexte (« Suite à notre échange du X, voici ma proposition pour… »), et adoptez une hiérarchie visuelle claire.
Envoyez le devis en PDF, avec un outil de signature électronique si possible (Yousign, DocuSign, ou via votre logiciel de facturation). Archivez la version signée pendant 10 ans — c'est la durée de conservation légale en France.
Formule de base :
TJM = (Revenu net annuel souhaité + charges + cotisations) / Nombre de jours facturables par an
Un freelance travaille en moyenne 200 jours facturables par an, pas 220 : retirez congés, jours fériés, maladie, formation, prospection et administratif.
Exemple concret : vous visez 40 000 € net/an, vos charges sont d'environ 45 %, vous estimez 180 jours facturables. TJM minimum ≈ (40 000 / 0,55) / 180 ≈ 400 € HT/jour.
La plupart des freelances oublient :
✅ Les outils (suite Adobe, hébergement, SaaS) : 50 à 300 €/mois
✅ La prospection et le temps commercial (non facturable)
✅ La formation continue
✅ Les périodes creuses
✅ La mutuelle et la prévoyance
Ces postes pèsent facilement 15 à 20 % de charges invisibles. Intégrez-les dans votre TJM dès le départ.
Un TJM de référence est un plancher, pas un plafond. Pour chaque mission, ajustez selon :
La complexité de la mission. L'urgence demandée (+ 20 à 50 % pour un délai serré). La taille du client (grand compte vs TPE). La valeur business générée (un site qui va vendre 500 k€ ne se facture pas comme un site vitrine). Votre niveau d'expertise sur le sujet précis.
À titre de repère, voici les fourchettes observées en France pour des profils confirmés (3 à 7 ans d'expérience). Les profils seniors ou spécialisés peuvent largement dépasser ces bornes.
Ces fourchettes sont indicatives et varient fortement selon la spécialisation, la région et le canal d'acquisition (plateforme vs direct).
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Rejoindre la newsletter →Un modèle universel adaptable à tous les statuts (micro-entreprise, EI, société) est généralement structuré en 6 blocs :
1. En-tête : logo, coordonnées freelance + client
2. Métadonnées : numéro de devis, date d'émission, durée de validité
3. Tableau des prestations : désignation, quantité, PU HT, total HT
4. Totaux : sous-total, TVA (ou mention de franchise), total TTC
5. Conditions : paiement, acompte, pénalités, livraison
6. Zone de signature : « bon pour accord », date, signature
Quelques principes qui font la différence à l'œil du client :
Numérotation explicite : DEV-2026-042 plutôt qu'un simple 42. Plus pro, plus archivable.
Description longue, jamais lapidaire : « Audit SEO technique complet (crawl, structure, performances) — rapport de 25 pages avec plan d'action priorisé sur 3 mois » au lieu de « Audit SEO ».
Phasage : découpez les longues missions en phases chiffrées. Le client voit ce qu'il achète, vous protégez votre trésorerie avec un acompte par phase.
Mention des hypothèses : « Estimation basée sur un site de 50 pages maximum. Au-delà, devis complémentaire. »
Ton personnalisé en introduction : référez-vous à l'échange, aux enjeux du client, montrez que ce devis n'est pas un copier-coller.
« Accompagnement marketing — 5 000 € ». Aucun client sérieux ne signe ça. Le flou = signal d'amateurisme.
Pas de SIRET, pas de mention TVA, pas de pénalités de retard : votre devis est vulnérable juridiquement et perd en crédibilité immédiate.
« Révisions illimitées » est une promesse suicide. Limitez-les à 2 ou 3 allers-retours, au-delà facturez au TJM.
Pour toute mission supérieure à 3 000 €, demandez un acompte de 30 à 50 % à la signature. C'est standard, c'est protecteur, et aucun client sérieux ne refusera.
Un devis n'est pas qu'un tableau de chiffres. Une demi-page d'intro qui rappelle le contexte, les objectifs du client et ce que vous apportez double vos taux de signature.
Un devis envoyé à froid, sans cadrage, est un devis à taux de conversion très faible. Le devis arrive après la discussion, pas à la place.
Que se passe-t-il si le client annule en cours de route ? Sans clause explicite, vous risquez de tout perdre. Prévoyez : acompte non remboursable, facturation au prorata, délai de préavis.
Facture.net : totalement gratuit, simple, fait le job pour démarrer.
Henrri : gratuit à vie, interface moderne, bien pour les micro-entrepreneurs.
Indy : orienté freelances, version gratuite de devis et facturation, conforme aux obligations 2026.
Indy (version payante) : compta, devis, factures, déclarations, dashboard. Idéal si vous ne voulez pas d'expert-comptable.
Tiime : très populaire chez les freelances et petites sociétés.
QuickBooks / Pennylane : pour les profils qui veulent un outil plus complet, avec un comptable associé.
Malt : génère vos devis et factures automatiquement sur les missions contractualisées via la plateforme.
Shine : compte pro qui intègre la facturation et les devis dans l'app.
Jump : pour les freelances en portage, devis et factures sont gérés par la structure.
✅ Vous démarrez, peu de volume → Henrri ou Facture.net (gratuit, suffisant)
✅ Vous êtes installé, vous voulez tout automatiser → Indy ou Tiime
✅ Vous travaillez sur Malt ou en portage → l'outil intégré de la plateforme
✅ Vous avez une société avec un comptable → Pennylane
Règle simple : 48 à 72 h après envoi pour vérifier la bonne réception, puis 7 jours plus tard pour un point d'avancement. Évitez les relances commerciales agressives : proposez plutôt un appel de 15 minutes pour répondre aux questions ou affiner un point du devis.
Trois objections reviennent 90 % du temps :
« C'est trop cher » → ne baissez pas le prix, réduisez le périmètre. « Je peux rentrer dans votre budget en retirant X et Y du scope. »
« On va y réfléchir » → proposez une deadline douce (« le devis est valable 30 jours, au-delà les conditions peuvent évoluer »).
« Pouvez-vous me faire un geste ? » → si vous cédez, obtenez quelque chose en échange : acompte augmenté, paiement plus rapide, témoignage, recommandation.
Ne prenez pas un refus personnellement. Demandez pourquoi : budget, timing, concurrent, périmètre ? Cette information vaut de l'or pour améliorer vos prochains devis. Pour les non-réponses, un dernier mail de clôture (« Je comprends que ce n'est pas le bon moment, je laisse la porte ouverte ») récupère régulièrement des opportunités que vous pensiez perdues.
Dès la signature : envoyez une facture d'acompte, bloquez les dates dans votre planning, organisez le kick-off. Un client qui vient de signer est dans une fenêtre d'engagement — profitez-en pour embarquer vite et bien.
La France bascule progressivement vers la facturation électronique obligatoire entre entreprises. Le calendrier actuellement prévu :
✅ 1ᵉʳ septembre 2026 : toutes les entreprises (y compris micro-entrepreneurs) doivent être capables de recevoir des factures électroniques.
✅ 1ᵉʳ septembre 2026 : obligation d'émission pour les grandes entreprises et ETI.
✅ 1ᵉʳ septembre 2027 : obligation d'émission étendue aux PME, TPE et micro-entrepreneurs.
Ce calendrier a déjà été décalé plusieurs fois. Vérifiez la dernière mise à jour sur le site officiel impots.gouv.fr avant toute décision structurante.
La réforme concerne les factures (entre assujettis établis en France). Les devis ne sont pas directement concernés par l'obligation d'émission au format électronique normé, mais en pratique :
✅ Vos factures devront transiter par une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) ou par le Portail Public de Facturation.
✅ Certaines données du devis (SIRET, TVA, conditions) devront être cohérentes avec ce que vous transmettrez ensuite en facturation.
Trois réflexes à adopter :
Passez dès maintenant sur un outil qui sera certifié PDP (Indy, Pennylane, Tiime, Sage ont communiqué sur leur conformité).
Uniformisez vos SIRET, TVA, mentions légales entre devis et factures.
Archivez tout au format numérique (fin du papier en pratique), avec une sauvegarde structurée.
Anticiper 6 mois avant la bascule vous évitera le rush et les erreurs coûteuses.
💡 Les stratégies qui fonctionnent vraiment en freelance
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Je rejoins la newsletter →Oui. Un devis daté, signé et accompagné de la mention « bon pour accord » a la même valeur juridique qu'un contrat. Il engage les deux parties sur le périmètre, le prix et les conditions qu'il contient.
C'est vous qui fixez la durée de validité. En pratique, les standards sont 30, 60 ou 90 jours. Sans mention, le devis est théoriquement valable indéfiniment, ce qui vous expose si vos tarifs évoluent. Indiquez toujours une durée.
Non, pas unilatéralement. Toute modification après signature nécessite soit un avenant (signé des deux parties), soit un nouveau devis annulant et remplaçant le précédent. C'est la base pour éviter les litiges sur le scope.
Au-dessus de 1 500 à 2 000 € de mission, oui. L'acompte (30 % est un standard) sécurise votre trésorerie et engage sérieusement le client. Pour les petites missions ou les clients récurrents, c'est optionnel.
Oui, à condition d'être en franchise en base de TVA (cas classique de la micro-entreprise sous les seuils) et d'indiquer la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Sans cette mention, un devis qui omet la TVA est non conforme.
Un bon devis freelance, c'est 80 % de rigueur et 20 % de psychologie commerciale. Les mentions obligatoires, le cadrage, les CGV : c'est la base qui vous protège. Le reste — personnalisation, phasage, présentation, relance — c'est ce qui transforme un devis reçu en contrat signé. Gardez ce guide sous la main, adaptez le modèle à votre activité, et vos taux de signature grimperont durablement.
Dernière mise à jour : avril 2026. Les obligations légales, taux et calendriers mentionnés sont ceux en vigueur au moment de la publication. Consultez un expert-comptable ou un juriste pour un cas adapté à votre situation personnelle.